Taxer les patrimoines extrêmes au Royaume-Uni : estimations des recettes d’un impôt minimum de 2 % sur les ménages à très haute fortune


Authors: Ben Tippet and Gabriel Zucman

Les ménages les plus riches du Royaume-Uni, comme dans de nombreux pays de l’OCDE, acquittent des taux effectifs d’imposition inférieurs à ceux des travailleurs ordinaires. Dans le même temps, le patrimoine des 300 ménages les plus riches est passé d’environ 5 % du PIB en 1989 à 16 % aujourd’hui. Ce rapport propose une réponse à ces défis : un impôt annuel minimum moyen de 2 % sur le patrimoine total des ménages disposant de plus de 100 millions de livres sterling (£100 millions) de patrimoine. Cette mesure permettrait de générer environ 10 milliards de livres sterling de recettes en 2026, soit l’équivalent de 0,3 % du PIB et de près d’un tiers du déficit budgétaire courant prévu par le gouvernement. Seuls les 1 000 ménages les plus riches seraient concernés. Les critiques habituellement adressées aux anciens impôts sur la fortune — difficultés administratives, évasion fiscale, problèmes d’évaluation des actifs, manque de liquidité de certains patrimoines ou effets négatifs sur l’innovation des entreprises — ne s’appliqueraient donc pas. La proposition prévoit également une période de dix ans après l’émigration, durant laquelle les ménages resteraient redevables de cet impôt, en s’appuyant sur des récentes évolutions similaires apportées aux droits de succession. Compte tenu du nombre très limité de ménages concernés, cet impôt pourrait être mis en œuvre rapidement afin d’éviter les départs anticipés. Les recettes demeurent importantes selon différents scénarios concernant la conception de l’impôt et les réactions comportementales des contribuables.