De nouvelles estimations mondiales de la richesse financière offshore réalisées par Faye et al. (2025) montrent que la richesse financière offshore est restée remarquablement stable, autour de 7 % de la richesse financière nette mondiale des ménages entre 2001 et 2023, malgré les progrès de la transparence fiscale internationale. Si les pays à revenu élevé détiennent encore la majeure partie de ces actifs, la part possédée par les pays à revenu intermédiaire supérieur a augmenté. Dans le même temps, la géographie de l’intermédiation offshore se déplace de la Suisse vers les centres financiers asiatiques, le Royaume-Uni et les États-Unis.
Ces évolutions sont importantes, car les progrès en matière de transparence financière ont été inégaux selon les juridictions. Les pays à revenu élevé et à revenu intermédiaire supérieur bénéficient d’une couverture relativement solide du CRS concernant les comptes offshore. En revanche, de nombreux pays à revenu intermédiaire inférieur et à faible revenu — notamment en Afrique et au Moyen-Orient — ne participent pas au CRS, souvent en raison de contraintes administratives et institutionnelles. De plus, les régions ont tendance à privilégier différents centres financiers, ce qui entraîne des niveaux d’exposition variables au secret financier. En conséquence, les risques d’évasion fiscale offshore restent disproportionnellement élevés pour de nombreux pays en développement.
Cette note de recherche s’appuie sur la série actualisée des richesses offshore de l’Atlas of the Offshore World afin d’examiner ces asymétries régionales et leurs implications pour la mobilisation des recettes intérieures.